Neuf heures moins huit
9 octobre 2009
Neuf heures moins huit. Je sors de l’ascenseur, oblique vers la gauche, croise en chemin Andy qui discute avec Pierce, le directeur des ressources humaines qui me tape sur l’épaule en me demandant comment je vais. Andy ne se remet pas de la nomination de James Bourne à la place de Hove ; il estimait que ce poste lui revenait de droit, mais Greene ne lui a pas proposé et Andy n’a pas postulé. Il était vraisemblable qu’il aurait refusé, car je n’imagine pas Andy quitter sa confortable position à Saint-Louis pour aller s’enterrer dans les pays anglo-saxons. Nous entrons ensemble dans la salle du conseil et prenons place. Il y a déjà là, debout près du pupitre de présentation, le directeur de la recherche, John Carlin, qui me parait nerveux à voir la façon dont il fait les cent pas en jetant par moment des coups d’œil à ce qui semble être un livre électronique. Andy s’est assis à côté de moi et me demande si je suis prêt, vu que je dois intervenir en milieu de séance pour exposer des mises aux points concernant la stratégie commerciale en Europe du Nord. Je hausse les épaules, affecte un air détaché en observant les autres participants prendre place autour de la table, mais en réalité je suis tendu, très concentré, les mains affectées d’un léger tremblement que je dissimule en les gardant près du corps. Greene entre en dernier, s’assoit et d’une inclinaison de la tête, déclenche le début des hostilités.
[Au bord du fleuve, extrait]